Environnement et Tourisme Vert en Côte d'Ivoire

Le Sud Forestier 

Situé à quelques kilomètres à l’Est de Grand Lahou, le parc national d’Azagny a une superficie d’environ 22 000 ha (officiellement 21 850 ha). Ses limites « naturelles » sont le fleuve Bandama à l’Ouest, la route « côtière » au Nord et le canal d’Azagny et/ou la lagune au Sud. Il est situé à cheval sur deux départements, celui de Grand Lahou à l’Ouest et celui de Jacqueville pour sa partie Est. On peut y accéder par voie terrestre par diverses pistes qui débouchent sur la Côtière (dont certaines, accessibles aux véhicules, à partir du village d’Irobo), jouxtées de vastes plantations de palmiers à huile et d’hévéas, ou par la voie fluviale, à partir du Bandama et du canal d’Azagny, qui permet de parcourir toute la limite sud du parc, depuis Braffedon jusque Jacqueville.
La partie nord du parc d’Azagny recèle une forêt dense et très variée, touffue et difficilement pénétrable, avec beaucoup de taillis et de lianes, plus ou moins épineux. La biodiversité est considérable, attestée par l’observation de la population de lépidoptères, abondante, extrêmement variée et présente sans discontinuité tout le long des pistes qui traversent le parc (ce que nous n’avons observé nulle part ailleurs jusqu’à présent !). La faune y est riche et variée, comportant à peu près tout ce qu’il est possible d’avoir en milieu tropical humide, à l’exception des espèces exterminées par le braconnage. Le parc abrite notamment quelques éléphants, des singes, des herbivores de toutes sortes, des reptiles et une multitude d’espèces d’oiseaux.
Images de la végétation luxuriante de la partie nord du Parc National d'Azagny.

Après 4 km de marche à partir de l'accès terrestre, on atteint l’ancien complexe hôtelier du Parc (Hôtel campement). Particulièrement bien conçu et intégré dans la forêt, il a été abandonné au début des années 2000 et saccagé par la suite. Y passer la nuit permettait de s’imprégner de l’ambiance de la forêt et de se livrer à des observations tard le soir ou au petit matin.
Il a été partiellement restauré en 2019 (au prix d'abattage d'arbres et d'ouverture d'une clairière), mais n'est pas encore opérationnel. Quand il le sera, il ajoutera un atout de poids au parc. En effet, après les 4 km de marche et d'observation dans une atmosphère saturée d'humidité, un peu de repos et un  rafraîchissement seraient les bienvenus !

Dans un tel milieu forestier, il est très difficile d'observer directement les animaux en raison de la densité de la végétation et du fait que la présence des visiteurs est toujours facilement décelable pour les animaux. Il faudrait progresser silencieusement et, éventuellement, rester à l’affût dans certaines zones connues pour comme gîte, refuge ou lieu de passage pour certains animaux. En ce qui concerne les oiseaux qui, pour la plupart, fréquentent essentiellement la canopée, il suffit d’écouter le concert presque permanent qu'ils offrent pour reconnaître leurs cris et identifier ainsi les espèces présentes. Même en l’absence de l’homme, le parc d’Azagny est tout sauf silencieux !
L'outil d'observation par excellence, malheureusement réservé aux professionnles,  est la caméra piège automatique.
Les quatre éléphants transportés à grand frais de Daloa en mars 2014, où ils causaient des nuisances aux planteurs locaux, se sont depuis "évadés" et ont tenté de rejoindre leur lieu d'origine. Bien que le Parc soit peu fréquenté, les animaux ont tendance à se réfugier dans la zone marécageuse, beaucoup moins accessible à l'homme. Celle-ci est donc beaucoup, plus riche en faune, abritant notamment des buffles et des chimpanzés.
A gauche : Une image typique du sous-bois de la partie nord du parc d'Asagny. A droite, un petit aperçu de la diversité des lépidoptères présents sur tout le parcours.

Un peu plus loin, on accède à un promontoire qui offre une vue spectaculaire sur la partie sud du parc, jusqu’à la lagune et le canal d’Azagny. La végétation y est un peu moins dense et recèle deux grandes clairières appelées « petites savanes ». Dans l’une d’elles se trouve un mirador qui domine la zone et permet des observations lointaines à la jumelle.

Aux alentours, le village de Boyo (au sud est), offre un panorama magnifique sur la lagune et le sud du parc jusqu’à l’embouchure du Bandama, et le village de Nandibo 2 (au nord, sur la Côtière), dispose d’un sympathique lieu d’accueil (maquis restaurant, avec 2 chambres).

DANGER fourmis ! On ne prend pas de gros risques à se promener à pieds sur les pistes forestières du parc d'Azagny. Il faut seulement bien regarder où on met les pieds. Des hordes de petites fourmis noires (magnans) sillonnent les pistes comme des fleuves, il ne faut pas mettre les pieds dedans ni les exciter, car elles mordent très fort et attaquent massivement, surtout quand elles sont en chasse.

Certains papillons sont des as du camouflage (notamment sur la face extérieure des ailes) et se sentent en sécurité lorsqu'ils sont posés sur un substrat d'une couleur semblable à la leur.